Les immatriculations de motos neuves repartent fort en Europe. Sur le premier semestre 2026, les cinq plus grands marchés européens ont enregistré près de 636 500 deux-roues neufs, soit environ 17 % de plus que sur la même période un an plus tôt. De quoi parler d'un boom — et donner à beaucoup de propriétaires l'impression que leur moto vient de prendre de la valeur.
C'est plus compliqué que ça. Voici ce que ces chiffres disent réellement, et surtout ce qu'ils changent si vous envisagez de vendre votre moto dans les mois qui viennent.
Un rebond européen, mais à lire avec précaution
La progression n'est pas uniforme. L'Allemagne et l'Espagne tirent le marché vers le haut, avec des hausses supérieures à 20 %. L'Italie reste le premier marché en volume. Le Royaume-Uni progresse nettement. La France, elle, ferme la marche des cinq grands avec une hausse d'environ 6 %.
Un détail compte avant de s'enthousiasmer : l'entrée en vigueur de la norme Euro 5+ a perturbé les immatriculations de 2025. Une partie des machines a été écoulée ou retardée au moment de la bascule, ce qui creuse artificiellement l'écart avec 2026. La tendance de fond reste haussière, mais le pourcentage affiché flatte la réalité.
En France, le marché grossit par le bas
C'est le point le plus intéressant pour qui veut vendre, et il est largement passé inaperçu.
La croissance française ne se répartit pas également entre les cylindrées :
- les 125 cm³ progressent d'environ 14,5 %, avec près de 27 800 unités immatriculées sur le semestre ;
- tout ce qui dépasse 125 cm³ ne gagne que 3,5 % environ.
Autrement dit, le marché français du neuf avance surtout grâce aux petites cylindrées et à l'usage urbain. Les grosses machines, elles, stagnent. Ce n'est pas un détail statistique : c'est la carte de la demande, et elle ne ressemble pas du tout à ce que suggère le mot « boom ».
Côté marques, le classement français du neuf reste tenu par les valeurs sûres — Honda devant Yamaha, puis BMW, Kawasaki et Triumph. Le fait nouveau est ailleurs : CFMoto s'installe déjà dans les six premières places. Les constructeurs d'entrée de gamme ne sont plus des outsiders.
Un boom du neuf ne fait pas monter l'occasion
C'est le raccourci qu'il faut éviter. Les immatriculations mesurent ce qui sort des concessions, pas ce que vaut une machine de cinq ans sur le marché de l'occasion. Les deux marchés communiquent, mais pas dans le sens que l'on croit :
Plus de neuf, c'est plus d'occasion à venir. Chaque moto neuve immatriculée aujourd'hui est une reprise ou une revente dans deux, trois ou cinq ans. Un marché du neuf dynamique alimente mécaniquement l'offre d'occasion — donc la concurrence pour votre annonce.
Des modèles neufs plus abordables tirent l'occasion vers le bas. Quand une marque propose une machine neuve, garantie, à un tarif proche de celui d'une occasion de trois ans, l'occasion doit s'aligner. C'est exactement ce que produit l'arrivée des constructeurs d'entrée de gamme sur le segment des petites et moyennes cylindrées.
Ce qui monte, c'est la demande sur certains segments. Le permis A2 est le vrai moteur. L'offre neuve en 35 kW s'étoffe, et derrière chaque nouveau titulaire du permis il y a quelqu'un qui cherche aussi une première moto d'occasion bien entretenue.
Ce que ça change concrètement pour votre moto
Vous avez un 125 ou une machine compatible A2
C'est le segment porteur. La demande est là, les acheteurs sont nombreux, et une machine saine avec un historique propre part vite. C'est aussi le segment le plus exposé à la pression des nouvelles marques : plus vous attendez, plus votre moto affronte des modèles neufs récents à prix serré. Si la vente est envisagée, l'attentisme coûte plus qu'il ne rapporte.
Vous avez une routière ou un trail de grosse cylindrée
Le marché du neuf stagne sur ce segment, et l'occasion suit la même logique : moins de rotation, des acheteurs plus exigeants, des délais plus longs. Ce n'est pas une mauvaise nouvelle en soi — un bon modèle bien suivi garde sa valeur — mais le prix affiché doit être juste dès le départ. Une annonce surcotée sur ce segment ne se corrige pas, elle s'enlise.
Vous avez un modèle des marques dominantes
Honda, Yamaha, BMW, Kawasaki, Triumph : ces marques concentrent l'essentiel du marché neuf français, et cela se retrouve à la revente. Un acheteur trouve facilement les pièces, un mécanicien, des avis. Cette liquidité est un avantage réel au moment de vendre, sur à peu près toutes les cylindrées.
La seule donnée qui compte vraiment : la vôtre
Les statistiques nationales donnent une direction, pas un prix. Entre deux motos du même modèle et de la même année, l'écart de valeur se joue sur le kilométrage, l'historique d'entretien, l'état réel et le moment de la mise en vente — pas sur un pourcentage d'immatriculations.
C'est pour cela que nous suivons en continu les annonces de notre région et les prix réellement pratiqués, plutôt que de nous fier à une cote générique. Faites estimer votre moto gratuitement : vous obtenez une fourchette fondée sur votre machine et sur le marché d'aujourd'hui, sans engagement.
Et si vous décidez de vendre, vous avez le choix : la reprise si vous voulez que ce soit réglé rapidement, ou le dépôt-vente à 360 € tout compris si vous préférez viser le prix du marché.
Chiffres : immatriculations de deux-roues neufs sur le premier semestre 2026, cinq principaux marchés européens (Allemagne, Espagne, France, Italie, Royaume-Uni). Les données d'immatriculation portent sur le marché du neuf et ne constituent pas une cote de l'occasion.
